Voilà un parcours à suivre de manière erratiques pour se faire une idée de la vie menée par Robert Frank au cours de son périple au terme duquel il a ramené ces quelques photographies qui ont marqué l’histoire de la photographie.
C’est un petit peu un road movie photographique auquel il nous invite, nous surprenant par certaines images même maintenant, plus de 50 ans après.
Vous y trouverez à la fois des images qui vous semblent tout à la fois banales et surprenantes. ce qui est également aussi, c’est de connaître un peu la genèse non voulue de cette grande histoire, c’est d’ailleurs souvent le cas, a posteriori.
C’est Natacha Wolinski qui indique “Le voici donc en 1955, au volant d’une vieille Ford, projetant une traversée de deux ans dans les 48 états du pays. Lancé sur la route 66, il ne voit pas les pin-up en soutien-gorge Téflon et les pelouses rasées de frais. Il ignore le char de ben hur et les chromes d’Explorer 1. Entre les motels de fortune et les aires d’autoroute, il cadre ce qui échappe au rêve consumériste des fifties - les bars à putes du Nouveau-Mexique, les pissotières carrelées d’angoisse, la grisaille des villes minières, les Hells Angels cloutés de nuit, les cow-boys en déroute lâchés sur le pavé de New York, les patriotes débiles, les retraités ossifiés sur les bancs publics, les Noirs cantonnés à l’arrière des bus… L’Amérique déjantée d’Allen Grinsberg et de Jack Kerouac, ses amis de la dixième rue à New York
Vous l’aurez compris, il ramène de ce trip près de 1000 photos parmi lesquelles il en choisira 83, celles qui feront Les Américains dont vous avez tout loisir de voir in fine à Paris, avec des photographies de Paris, quelques moments choisi qui date de 1949-1952, vous m’en direz des nouvelles.
Et puis si vous remarquez que ces images sont parfois abîmées, eh bien c’est normal, il utilisait une optique pas forcément au top comme il le reconnaît mais le boîtier Leitz utilisé avait d’autres qualités et le résultat est là qui s’offre à nos yeux… C’est dans ces instants, dans ces choix que l’on retrouve l’instinct du photographe qui prend souvent à main levée, un peu caché, un peu en décalé, une vision du monde en décalée si l’on peut dire…
En tout cas, allez vous faire une idée, c’est quand même s’inscrire dans l’histoire que de pouvoir voir ces images… et puis pour approfondir, en dehors du bouquin, vous pouvez lire le petit journal sur l’exposition Robert Frank mais aussi le site d’un passionné, celui de Lunettes Rouges, de Vite VU qui vous plus et plus encore et encore…. 
C’est jusqu’au 22 mars prochain
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