null

Ne pas manquer cette exposition d’Irving Penn à la fondation Henri Cartier-Bresson sur les petits métiers, ceux qui ne sont plus ou presque, surtout dans nos grandes métropoles.
null
Irving penn s’est installé dans son studio de la rue Vaugirard en 1950 et avec l’aide de Cartier-Bresson entre autres, il va voir défiler dans son atelier tous les petits métiers de France, de Paris. Des séances exigentes et où le maître est intransigeant mais le résultat est à la mesure de la demande qu’il exige. Des portraits tout à fait résussi, subjuguant pour quelques uns, des images sorties du passé qui font revivre des figures, des métiers, pour certains qui quand même existe, on pense évidemment aux métiers de l’hotellerie, les bouchers, les boulanger, les pompiers et bien d’autres encore.
null
Il n’en reste pas moins, que les vendeurs d’oignons, de concombre ou encore les équarisseur, les gardiennes de parking ou les vendeurs de journaux ou de lait se font plus rares…

Il continuera son périple dans d’autres villes, dont New York en 1951 ce qui permet également de se rendre compte des métiers outre-atlantique.
null
Comme vous le remarquerez, les hommes et femmes qui défilent devant l’objectif d’Irving Penn pose devant un décor unique, sobre et suffisant, les jeux de lumières, les poses et les personnages choisis faisant le reste. Ils ont de ces figures pour certains, on voit cela aussi dans ces portraits, les changements morphologiques des visages d’alors, plus rude pour la plupart

Vous redécouvrirez des petits métiers auxquels on en pense plus, un très beau travail de mémoire, c’est là aussi que l’on voit les changements dans nos sociétés contemporaines, nos mégapoles urbaines, c’était il y a 60 ans. Il y a encore ce type de métiers dans les pays émergents. Des photos, pour certaines sincèrement exceptionnelles comme vous pouvez déjà en avoir un léger aperçu avec celles présentées ci-dessus et encore, feuilletez voire acheter le livre sur les petits métiers pour en découvrir d’autres…

Cette présentation comporte une centaine de tirages jamais montrés à Paris, empruntés au J. Paul Getty Museum de Los Angeles, qui a acquis en 2008, sous forme de donation partielle, le premier ensemble de cette série sélectionné par Irving Penn lui-même. Les petits Métiers ont une importance toute particulière pour Penn qui a travaillé sur les négatifs à plusieurs reprises. Les premiers tirages réalisés au début des années cinquante sont des épreuves gélatino-argentiques. A partir de 1967, Penn a retravaillé ces mêmes négatifs afin d’obtenir une autre série composée de tirages au platine/palladium.

null

Vous avez encore un peu de temps devant vous, l’exposition reste en place jusqu’au 25 juillet et je vous conseille de ne pas la manquer, ce serait franchement dommage.

Fondation Henri Cartier-Bresson
2, impasse Lebouis 75014 Paris
Tel : 01 56 80 27 00

null

Nouvelle exposition du grand maître de la photographie à la fondation Henri Cartier Bresson. Elle permet de voir des photographies inédites de Robert Doisneau, des photographies qui sortent du cadre habituel des expositions qui lui ont été consacrées : “une centaine d’épreuves originales, choisies en majorité parmi les trésors de son atelier et dans diverses collections publiques ou privées” qui s’étalent de 1933 à 1966.

Un parcours dans le Paris d’alors nous est servis qui permet de croiser de voir ce qu’était la ville à l’époque. Finalement pas tant de différences que ça par rapport à aujourd’hui, tout proportion gardée bien entendu.
null

On retrouve les amis en terrasse, se délassant autour d’un verre rafraîchissant, les jeunes parents et leurs poussettes de compétition se retrouvent pour un repas en extérieur. Les laissés pour compte vivent dans des cabanes, les clochards sont toujours sur le trottoir et les bouches de chaleurs, la ville a évolué, certes, elle s’est peuplée d’âmes mais finalement pas tant que ça. Le cirque n’est plus dans le centre mais en périphérie, les voitures plus nombreuses et colorées ; la neige restera toujours immaculé recouvrant Paris de son manteau soyeux.

null
Un parcours qui vous permet de vous replonger un temps dans l’avant maintenant, l’instant qu’il soit anodin ou pas a été figé dans le temps et l’espace par Robert Doisneau. Cela peut paraître hétéroclite et désordonné, cela l’est un peu mais c’est normal, quand le photographe se ballade dans la ville ouverte, son regard capte les émotions, les détails et les figent.

Un parcours que je vous conseille de faire plutôt en semaine car quand nous y sommes allés un dimanche, la queue était trop longue, nous avons renoncé, c’est vrai que c’était le we de démarrage avec un article dans le Monde et que le lieu n’est pas gigantesque. Donc, en semaine, vous aurez une meilleure vision d’ensemble et vous pourrez vous arrêtez sur quelques détails significatifs à vos yeux
null

L’exposition a commencé il y a peu et reste en place jusqu’au 18 avril prochain, avis aux amateurs…

Une petite biographie lui est consacrée sur le dite de la Fondation Henri Cartier Bresson

Fondation Henri Cartier Bresson

© Guy Tillim
Johannesborg, au coeur de l’Afrique du sud nous renvoie une image assez délabrée d’elle-même. A voir les photographies de Guy Tillim sur sa ville natale, on voit les inégalités sociales, les ravages de la pauvreté et probablement les reste de l’apartheid. Ces immeubles de béton qui regorgent de chambres, de piaules dénudées, sans rien. Seule une chaîne retient la porte complètement destructurée; des hommes, des femmes, des familles vivaient là jusqu’à il y a peu. 
Ces tours insalubres sont un peu ce qu’il reste de cette période honnie, en attente d’autres choses, d’une autre vie…  Guy Tillim raconte : “Les Blancs ont fui le centre de Johannesburg dans les années 1990 : l’abrogation des lois discriminatoires annonçait l’afflux vers les villes des Noirs et des petites gens rêvant d’une vie meilleure. Les anciens habitants avaient prédit une apocalypse – le pillage de leur ville et le chaos absolu. Leur prophétie se réalisa, et fut confirmée par moult témoignages et statistiques. Actrices centrales de cette révolution, les tours, occupées par des locataires qui géraient les bâtiments selon leurs propres règles, sont peu à peu devenues des microcosmes anarchiques. Devant l’absence totale d’autorité morale, nous assistâmes alors à la décadence de Johannesburg. Les fenêtres brisées ne furent jamais remplacées, les cages d’ascenseur se transformèrent en vide-ordures. L’avenir nous dira si Johannesburg est vouée à devenir, à nouveau, une ville de l’exclusion“.
© Guy Tillim
Vous pouvez avoir accès à l’ensemble de la série de photographies sur le site de Michael Stevenson pour Jo’Burg 
Avenue Patrice Lumumba (2008) 
© Guy Tillim
Il faut plus y voir même si ce n’était pas le but recherché au départ une sorte de documentaire, sur en quelque sorte la faillite des pays africains. Que cela soit autour de la région des grands lacs du fait de raisons multiples et notamment les guerres successives qui ont eu lieu ou également à des raisons plus endémiques, on s’aperçoit de la faillite d’un système, de celui des aides octroyées, des difficultés qui pèsent sur les pays pour rembourser celle-ci et de la déliquescence des institutions, des administrations. C’est un grand malheur que de voir cela, on peut se poser la question à la vue de ces photos, certes, circonstanciées à quelques endroits, pays, régions ce qui est mis en place… Nous sommes quand même dans de grandes villes. On en viendrait presque à se demander dans quelle mesure une assistance n’est-elle pas encore nécessaire de la part des pays occidentaux. Il est indéniable qu’il y a quelques difficultés pour ses pays à se relever, à respirer par eux-mêmes. 
C’est assez flagrant lorsque que l’on regarde ses pièces complètement délabrées, cette absence complète de matériaux, de structures pour que les fonctionnaires ou tout autre personne d’ailleurs puisse effectuer leur travail. on dirait qu’un siècle ait passé sans que l’on fasse quoique ce soit, que le temps ait grignoté de manière insidieuse les pièces. Regardez là cette homme qui s’affaire studieux dans des conditions précaires… et ici un stock d’archives qui sont en passe de disparaître quoique… enfin un sentiment d’abandon et d’absence de prise en main de la situation ressort de ses photographies qui au final ne sont certes pas extravagantes plutôt une sorte de vision de quelques instants de cette Afrique si loin de nous et qui a certainement besoin d’un soutien plus soutenu et différent d’antan.
Guy Tillim nous parle avec le titre de l’exposition de Patrice Lumumba, on est alors reparti au temps de la colonisation belge et du discours de ce dernier en 1960, il sera un des premiers chef d’état élus en Afrique mais pour si peux de temps assassiné qu’il sera … “Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres… Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort”.
C’est étonnant de voir, réparti dans tous ces pays d’Afrique (épublique Démocratique du Congo, le Mozambique, Madagascar, le Bénin, le Ghana, l’Angola) cette avenue Lumumba, souvenir d’un rêve d’Afrique qui reste en suspens, dans l’attente d’autres choses, de solutions et même si au départ ce n’est pas l’effondrement de ses états africains que Guy Tillim a voulu montré, il n’en demeure pas moins que c’est l’explosion  de ses États qui frappent avec ses photos. Cette errance au fil des capitales, des rue et des avenues montre le désarroi de l’Afrique et la presque indifférence occidentale de cet état de fait…
Guy Tillim indique encore: “La terre où je suis né m’est devenue étrangère à mesure que je la découvrais. Le désir de photographier cette scène est moins lié à la volonté d’en poser le décor que de m’y situer moi-même.” 
© Guy Tillim
Pour ceux qui seraient intéressés, c’est jusqu’au 19 avril 2009 donc vous avez encore un peu de temps…
En complément, je vous conseille très vivement de lire, sur l’Afrique du sud Zulu, un polar de Caril Ferey qui fait froid dans le dos et qui pose quelques interrogations….
2, Impasse Lebouis - 75014 Paris
Tel : 01 56 80 27 00

null
Girl in Fulton Street, New York, 1929 © Walker Evans / The Metropolitan Museum of Art
Petite exposition de deux géants de la photographie, une vision croisée de la même ville a deux époques un peu différente mais finalement assez proches, deux hommes de la rue qui ne se prennent pas au sérieux et qui nous révèlent la vision qu’ils ont de leur Amérique, de ceNew York d’alors, bien différent de celui que nous connaissons évidemment. Il faut se promener avec eux dans ces quartiers pauvres pour entrevoir la misère, les visages marqués, les rues désertes ou en déshérence. Et puis prendre un peu de recul et voir la ville autrement, de loin en loin, s’extasier devant ces photographies d’un autre temps, d’une autre manière de voir les choses, de vivre à son rythme.

Il n’y a pas que New York non plus et vous pourrez voir quelques coins du sud des Etats-Unis, certaines vous feront penser sans nul doute aux photographies sociales réalisées pour la FSA ((Farm Security Administration) et notamment de Dorothea Lange. d’autres aux vieux films de Blues de Martin Scorcese aussi, un parcours fait également de visage, de situations étonnantes, amusantes, qui n’existent tout simplement plus ou presque, enfin voilàallez-y, c’est ça le plus important, se faire une idée par soi-même
null
License Photo Studio, New York, 1934 © Walker Evans / The Metropolitan Museum of Art
Et là, on dirait le far west où pas loin en tout cas
null
Arizona, 1947 © Henri Cartier-Bresson / Magnum

Je l’aime beaucoup celle-ci de Saratoga…
null
C’est en place jusqu’au 21 décembre prochain mais préférez une visite la plus matinale qui soit car sinon le monde est accablant et ne permet pas de faire la visite dans les meilleures conditions, le monde , le monde….

Et plus de photographie de Walker Evans sur le site du Moma et une très belle critique et autres liens à découvrir sur Lunettes rouges

Fondation Henri Cartier-Bresson
2, Impasse Lebouis – 75014 Paris
Tel : 01 56 80 27 00

© 2010 Paris Photographies Suffusion WordPress theme by Sayontan Sinha