A la découverte des expositions photographiques à Paris
Photographes
Les endormis de Dana Cojbuc
Feb 15th
Découvert par hasard dans le dernier Photos Nouvelles “On ne voit rien venir”, une revue qui en est maintenant à son 61ème numéros et qui me plaît bien dans son approche, dans ses choix, enfin pas tous évidemment mais cela permet de découvrir quelques photographes connus ou moins connus d’ailleurs.
Donc, découvert dans le dernier numéro de Photos nouvelles, les photos de Dana cojbuc et notamment sa série Les endormis, enfin c’est comme cela qu’ils m’apparaissent, une idée excellente à la base, un peu d’imagination, pas forcément des moyens extravagants et un résultat hors pair : des hommes, des femmes, des couples, des mamans et leurs enfants pris en plein flagrant délit de sommeil dans les airs.
Eh oui ce n’est pas un remake de la série de Sophie Calle “les dormeurs” ce sont des gens qui comme vous et moi ont décidé de s’affranchir des limites imposés par leur corps et qui comme dans un rêve peuvent l’impossible. Comme vous pouvez le voir, ils dorment en apesanteur…. Bien accrochés à leurs oreillers, ils arrivent en un bon à se retrouver dans les bras de morphée.
Une série qui est très réussie, sensation de réalisme à la clé, tout en gardant cette petite note de surnaturel, cet instant figé dans le temps. On pense évidemment à Denis Darzacq et ses hommes en suspension mais il y a autre chose ici.
Il y a également les endormis de la ville, ces personnes que l’on retrouve ici sous une bene, là sous un …
On peut continuer sur d’autres séries de la photographe comme “Passe-murailles” ou encore “Sur la terre”, “J’ai peur des champignons”, …retrouvez les travaux de l’artiste sur son site internet
Familier de Marie prumier
Feb 9th
Une belle découverte que les photographies de Marie Prunier qu’elle a réalisée en Islande
Lors d’un séjour de 6 mois à Reykjavik elle s’intéresse aux islandais et à la famille, c’est vrai que c’est un des seuls pays au monde à disposer du livre des islandais (une société de biotechnologie DEcode Genetics) qui rassemble toutes les informations officielles sur la généalogie ce qui en fait donc un outil unique en son genre en matière de génétique humaine avec bien évidemment les risques que cela comporte…
En allant également au musée des archives et en se balladant elle se rend compte quelle a déjà vu des personnes, en fait ce sont les descendants des différents islandais, les portriats que l’on peut voir avec le projet Familier en son le résultat tangible et assez troublant je dois dire…
Voyez par vous-même sur son site où se trouve le projet Familier : http://www.marieprunier.com/projets/voir/5
Punks et Fat de Sébastien Keitel
Jan 22nd
Arrêtez-vous quelques instants sur la travail de Sébastien Keitel et deux séries : Fat et Punks.
La première met en scène quelques photographies d’hommes assez imposant, gros, obèse, comme vous préférez dans des positions de pose qui peuvent déranger quelque peu notre sens de l’esthétique surtout à une époque où le culte de la minceur est de rigueur. Ne nous voilons pas la face, la surpondération est là qui arrive à nos portes, qui est déjà bien installé en Europe.
Circonscrite pour un temps aux Etats-Unis, consommateur invétéré de mal bouffe, sodas et autres sucreries, l’Europe suit lentement mais sûrement. Il faudra prendre en compte cette donnée dans le future, qu’on le veuille ou pas…
Sur le site de la cite des sciences on peut lire :
“Selon un rapport de l’International Obesity Task Force (IOTF) rendu public en mars 2005, un enfant sur 5 est en surpoids ou obèse en Europe.
C’est dans la région méditerranéenne que l’on trouve la plus forte prévalence : certains pays présentent même une proportion d’enfants en surpoids supérieure à celle des Etats-Unis estimée à 30%.
La prévalence du surpoids chez les enfants de 5 à 11 ans augmente partout.
Les experts notent une accélération rapide de l’augmentation de la prévalence du surpoids et de l’obésité : de 0.2% dans les années 70, elle est aujoud’hui aujourd’hui de 2% par an, soit 400 000 jeunes Européens en surpoids ou obèses en plus chaque année“.
Et puis, dans un autre registre, la série sur les punks, enfin sur un couple lors d’une soirée, des photographies d’instants partagées dans lesquels ce couple s’inscrit, une vie de bohème et de galère…. Un beau rendu en noir et blanc
Jetez un oeil sur le site de Sébastien Keitel
Fred Lebain et ses promenades newyorkaises
Jan 21st
très belle réussite que ce simages composites, certains parlant de “phasmes” photographiques,
L’explication en tout cas se trouve sur VITE VU : “Fred Lebain met à l’épreuve un nouveau procédé de son cru : cette fois, le photographe a mis au point un leurre qui lui permet de fondre ses images dans le décor. Pendant trois mois, le périple new-yorkais de Fred Lebain a donné lieu à l’envoi régulier de singulières cartes postales. Photographiant dans un premier temps un détail de paysage urbain prélevé au hasard de ses pérégrinations touristiques, il le reproduit sous forme de poster à l’échelle 1, puis le réinstalle à l’endroit même de sa capture. Enfin, il re-photographie in situ cette mise en scène qui se confond avec l’environnement d’où il provient. Ces manipulations directes impliquent des stratagèmes tangibles au moment de la prise de vue. Mais l’artifice est volontairement laissé visible dans ces photographies qui se nourrissent de ce dont elles émanent. Parfois, des jambes dépassent du cadre de l’affiche. Ou bien l’image intégrée se plie par endroits, provoquant des ruptures de raccord avec l’environnement. L’image passée constitue le préalable de celle à venir“.
Un étonnant voyage et découverte que propose cet artiste, auteur qui nous emmène vers de slieux revisité, de manière expresse et avec un rendu tout à fait amusant, les images sont belles, certaines se déroulant presque comme un livre de possibles, une continuité avec un autre monde où l’idée de changer de décor, de s’intégrer à autre chose
une belle découverte en tout cas
Quelques photographies sur Propice mais le mode de navigation n’est franchement pas terrible… alors on préférera celui du nouveau site de la galerie Philippe Chaume
Where Compasses All Go Mad de Jorma Puranen
Jan 8th
Un travail assez intéressant que celui de Jorma Puranen qui revient, revisite d’ancienne photographies, d’anciens lieux, d’anciennes histoires :
“Puranen has re-photographed historical photographs and other visuals related to heroic Arctic expeditions. In Where compasses all go mad Puranen combines three different interests. Namely his long term work in the Arctic, his interest in the archive and the use of reflecting light as a metaphor for speaking of history and memory.
Puranen uses flashing reflections of daylight on surface of printed images blurring them sometimes completely unidentifiable and always difficult to look at. This blurring of images emphasizes the impossibility to consider history as objective truth, rather suggesting a fictive historical world. ”
Le résultat est assez beau, poétique également, notamment en ce qui concerne les paysages qui se prête ma foi assez bien à cet exercice, à cette composition.
retrouvez là sur Anhava
Life’s a Dream, photographies de Stéfanie Schneider 9/10
Jan 6th
J’aime beacoup le travail de Stéfanie Schneider qui était à paris Photo mais également à paris il y a peu et vous pouvez bien entendu la retrouver sur son site Internet Instant Dreams avec l’ensemble de son trabail d’une part, ce qui ne gâche rien, vous l’aurez compris mais également une très beau papier de Mark Gisbourne qui indique :
“Projection is a form of apparition that is characteristic of our human nature, for what we imagine almost invariably transcends the reality of what we live. And, an apparition, as the word suggests, is quite literally “an appearing,” for what we appear to imagine is largely shaped by the imagination of its appearance”
(…)
“The fact that Schneider uses out of date /main/selected_content/texttimageindex1b.jpgPolaroid film stock to take her photographs only intensifies the sense of their apparitional contents when they are realized. The stability comes only at such time when the images are re-shot and developed in the studio, and thereby fixed or ar- rested temporarily in space and time. The unpredictable and at times unstable film she adopts for her works also creates a sense of chance within the outcome that can be imagined or potentially en- visaged by the artist Schneider“.
Et la suite ne manque pas d’intérêt….
C’est dans les couleurs à la fois diaphanes, pâle et presque évanescentes avec des tons passés ou en passe de le devenir, des flous ou des semblants de flous artistiques, cette sensibilité qui court à fleur de peau et cette blancheur aussi qui se révèle, des portraits, des situations qui vous donne du baume au coeur et qui vous laisse rêveur
Des rêves d’horizons et de voyages, d’aventures et d’histoires qui s’entre choquent, se télescopent, de rencontres anodines et grandiose, de ces petits moments de rien du tout qui transforme une vie, de ses galèresinsouciantes,… en un mot la vie qui débarque et dont le flot ininterrompu vous laisse
En un mot partez en découverte et aimez
Real beauty par Jodi Bieber
Jan 6th
Une photographe qui était également sur Paris Photo, la sud africaine Jodi Bieber qui montre avec sa nouvelle série REAL BEAUTY ce qu’est une femme, ce qu’est chaque femme ou chaucne, la définition du mot beauté étant aléatoire et très différente d’un continent à l’autre, chacune de ces femmes s’expose et explore son corps et ses possibilités, mettant en avant, en exergue ce qu’elle affectionne le plus…. ce qu’elles sont véritablement, intrinsèquement
Un bon article sur About-face.org : “Real Beauty depicts women who live in and near Bieber’s South African community. According to Bieber’s website, she encouraged all of the women she photographed to explore their own personalities and fantasies for their shots“.
(…)
“Bieber’s award-winning Real Beauty collection is an extension of the Dove advertising campaign depicting ordinary women in their underwear advocating real beauty. Bieber’s photos also came out of the reality of an increase in the number of black anorexic women in South Africa. This new trend has western body shapes being more desirable even in cultures that have historically celebrated a more full-figured shape“.
Réflexion sur les changements du corps, sur le temps qui passe aussi et l’âge amis pas seulement, sur les manière d’être et de vivre, d’évoluer et de s’accepter, de séduire autrement ou encore, en fin de compte une interrogation sur vous, sur le regard que vous portez à votre corps…
Le site internet de Jodi Bieber
A Johannesburg, l’exposition de Jodi Bieber, Real Beauty qui montre des corps dans la vérité du temps et de l’imperfection.
Pieter Hugo
Dec 3rd
Première rencontre avec le photographe Pieter Hugo, vous n’oublierez pas de sitôt ces photos tellement elles sont marquantes, dérangeantes aussi enfin du moins si l’on feuillette de manière assidue son site internet.
A Paris photo, deux séries, l’une sur des visages, des portraits et de l’autre la série des hyènes, ces hommes qui tiennent en laisse des animaux presque sortis d’un film de Peter Jackson; elles sont réelles, pelage tacheté, aspect imposant et ces hommes qui les tiennent fermement, on se demande comment ils les retiendraient si elles en avaient décidé autrement.
Les seigneurs de la rue sont là qui veillent, surveillent, pose cette fois-ci devant l’oeil de l’homme; on est sur place dans ce noman’s land de ces pays laissés à l’abandon par la guerre, les épidémies, la malnutrition et je ne sais quoi d’autres… tout un programme me direz-vous ! En tout cas, le résultat est là sous vos yeux et c’est plutôt très réussi
Alors si vous avez l’occasion de les voir en vrai eh bien allez-y et sinon, consultez son site internet et plongez vous dans l’étrange avec ces séries et également celle sur les portraits d’aveugles “Looking aside” belles à leur manière, montrant une réalité que l’on se cache trop souvent, la souffrance est là marquée sur ces visages. De mêm la série “The Breaved” fait froid dans le dos….et recueillement avec les vestiges du génocide rwandais.
Ainsi que Nollywood et ses hommes factices, vous reconnaitrez rapidement….
Les limites nous regardent – panoptiques naturels – d’Ernesto Timor
May 20th
Voilà qu’Ernesto Timor expose sur un sujet qui ne manquent pas de piquant : “les limites nous regardent”. Étrange titre qui invite à une exploration d’un monde de frontières dans lequel il évolue et qui lui donne à voir autrement : “Nous voici partis à musarder le long des clôtures de toutes sortes — c’est souvent par ces lignes-là que je reconstruis des décors que mon oeil peut comprendre. Au-delà du parcellaire, on atteint les franges des foyers d’habitation, la lisière où l’urbanisation est contenue. Avec un peu de chance, on croise par ici ce qu’il reste de non domestiqué dans nos contrées“.
Entre apparitions et disparitions, les frontières sont également là, frêles mais bien présentes, les nôtres mais également celles qu’offrent le paysage cerclé, les limites qui nous entourent, cet environnement dans lequel nous sommes restreints, dans lequel nous évoluons. Le regard se perd dans les limites de l’horizon, il en dit long sur nous mêmes, sur cette perception que nous pouvons avoir de notre environnement extérieur et intérieur. Les limites n’existent plus que dans notre conception et il suffit de lesoutrepasser pour voir au-delà, pour voir la réalité des choses.
Interrogation sur ces “panoptiques naturels qui relève de l’exorcisme, car ces contemplations partagées sont autant d’utopies de frontières sans surveillance, et de liberté démultipliée“.
Parcourez quelques unes des photographies qui seront présentées lors de l’exposition
Et sinon, rendez-vous sur le site internet d’Ernesto Timor ou de Timor Rocks
Découverte en plein air d’un parcours de “panoptiques naturels” dans les Jardin du centre culturel le Marque-page, La Norville, du 23 mai au 24 juin 2008.
Attention, pour le vernissage, le 23 mai à 19h30 est proposé un parcours en lecture Céline Liger (voix et gestes) et en musique avec Gaël Ascal (basse, contrebasse et ondes diverses) qui permettra d’approcher d’un peu plus près le travail du photographe. Les textes sont des extraits deJean-Bernard Pouy, Olivier Cadiot, Alessandro Baricco, Alain Robbe-Grillet, Italo Calvino, Samuel Beckett, Philip K Dick, Paco Ignacio Taibo II, Eugène Savitzkaya, Ghérasim Luca, Christian Gailly, Jean-Pierre Siméon, Fabrice Melquiot, André Breton et Philippe Soupault.
Jardin du Centre Culturel le Marque-page – La Norville
Reconstruction photographique en LEGO de célèbres photographies avec Balakov
Apr 18th
Une très belle initiative et en plus assez réussie de prendre quelques uns des clichés les plus connus mondialement et d’essayer de les reproduire en LEGO, eh oui, une belle pub pour la marque mais également une belle réussite. C’est vrai, c’est même évident que l’on ne refera pas la véritable photo et qu’il ne s’agit que d’un extract mais quand même, il y a de l’idée et ce qu’il y a d’amusant dans ce travail à la fois de construction et de prise de vue c’est le fait que les photographies sont tellement connues qu’on les reconnaient immédiatement.
En plus pour nous aider, il indique une photo source de référence…
Voici la liste des 9 clichés reconstruits :
- Henri Cartier-Bresson’s “Behind the Gare Saint Lazare”
- A lego reconstruction of the famous photograph taken by Charles Ebbets
- A lego reconstruction of Robert Capa’s 1936 picture “Death of a Loyalist Soldier”
- Lego reconstruction of Henri Cartier Bresson’s 1933 photograph ‘Madrid’.
- Lego recreation of Henri Cartier-Bresson’s 1938 photograph “By the Marne River” in Lego.
- A Lego recreation of Eddie Adams famous Vietnam war photograph from 1968
- A Lego Starwars themed take on Marc Riboud’s famous 1967 photograph taken at an anti-Vietnam protest in Washington
- A Lego recreation of Alfred Eisenstaedt’s 1945 photograph “V.J. Day Times Square”.
- A Lego recreation of Jeff Widener’s 1989 photograph of “The unknown rebel”.
Bon par contre je ne suis pas particulièrement fan de la série Star war ni des autres photographies, je vous laisse découvrir
Les 9 clichés de balakov sur Flickr
Urban fiction de Xing Danwen
Apr 15th
Voilà une autre découverte d’Art Paris, les quelques photographies proposées par Xing Danwen. Le projet est “on going” depuis 2004, de petites scènettes de tous les jours presque filmés de loin, vu par l’oeil de l’aigle, avec hauteur et recul puis à la manière d’un paparazzi peut être ou d’un google maps, un zoom sur un détail de la scène qui se passe devant nos yeux. Un crime, deux amants, une famille,… un sentiment de connivence et de partage se créée avec ses situationssingulières.
Une sorte de fiction urbaine qui nous est proposé dans laquelle on peut s’inventer une histoire, des vies. C’est elle que l’on retrouve dans cet univers dans une vie proche de sa réalité, proche de la vraie vie, un voyage qui se veut un peu onirique, presque à la manière d’un rêve qui deviendrait un peu réel tout en étantayant gommé l’impossible…
En tout cas, à découvrir… sur le site internet de Xing Danwen
Anabelle Tiaffay, une photographe à découvrir
Aug 20th
Voilà quelques photographies auxquelles je vous conseille de jeter un oeil surtout celle de paysages qui valent leur pesant d’or, elle les a agencées en diptyque, cela fonctionne pas mal même si la navigation n’est pas des plus aisée, enfin on est là pour les photographies après tout.
Plénitude de l’espace et du ciel, rapport à l’architecture, sobriété et vitalité dans une nudité extrême, du solide, du monde enfoui d’où sort une structure, des blocs indestructibles..
Pour les photographies de mode, il y a un regard certain, cela interpelle que cela soit les photos en noir et blanc dans la carrière où celle sur la page d’accueil du site, un regard qui interroge, il y a du style dans celles-ci à n’en pas douter.
Et puis j’aime bien la femme en bleue, elle a quelque chose d’étonnant, le contraste évidemment, la fleur of course mais aussi un rapport à la bande dessinée, à un autre monde dans lequel on la voie évoluer, la femme en bleue de Bilal peut être ou le regard se perd dans le fond du ciel…
Franck Juery et Poursuite Editions
Jul 17th
C’est grâce à Claire Judrin et Fabrice Guyot avec Coiffure pour dame” que j’ai pu découvrir “Poursuite éditions“ qui a pour but :”Poursuite est une maison d’édition associative, née au printemps 2003. Elle publie des recueils de photographies proche du style documentaire, accompagnées de textes littéraires : nouvelles, essais, carnets, inspirés des images ou de leur thème. Une publication plus dans une logique de promotion et de diffusion que dans une logique commerciale. Le contrat passé avec le photographe vise après remboursement des frais d’éditions, à dégager, plutôt que des bénéfices, des exemplaires de son livre“. L’initiative est excellente en tout cas, j’essayerai peut être d’y avoir recours avec un ou deux projet abouti, je fais quelques essais avec Blurb qui est un outil gratuit très simple d’utilisation pour créer des livres de photographies (avec déambulation urbaine, Nuit de nacre, Espace d’expression urbaine et Le rouge vous va si bien).
Fermeture de la parenthèse, cela ma permis de découvrir le travail entre autres de Franck Juery avec sa Galerie “La creuse” qui je dois l’avouer m’a bien plu dans la manière de voir les choses, l’imperturbable temps qui passe, les scénettes qui se juxtaposent et égrène la vie de la Creuse comme si l’on s’y trouvait, un monde que l’on regarde de manière complète, c’est la série qui fait l’intérêt; pris individuellement les photos n’ont rien d’extraordinaire mais c’est leur séquencement qui rythme la quiétude des lieux
Du coup je suis allé faire un tour sur le portfolios de Franck Juery et voilà que je tombe nez à nez avec Haïku, une série où l’étrange s’immisce petit à petit dans la série, un sentiment d’inquiétude douce et grisante qui s’infiltre et qui nous mène je ne sais où, la solitude est là qui rode,l’absence et le gris, le sombre qui plane et cette feuille qui attend dans son cercle de craie, ce banc dénudé…
Ensuite, je vous conseille de vous arrêter avec lui sur al série “Juste pour une nuit” tout à fait représentative de ces moments inopportun où nous sommes coincés dans un motel, hôtel et que le glauque est au rendez-vous, sensation d’ancien, vieilles odeurs qui remontent à la surface, la nuit qui va passer lentement la moquette qui est là, millénaire… et puis tous les petits détails qui font que vous êtes là et pas ailleurs, … franchement une très belle et très juste série, encore une fois il faut prendre l’ensemble, c’est plus riche
Vous l’aurez compris, il est intéressant à plus d’un titre d’aller faire un tour sur son site Internet afin de découvrir ses travaux et pourinfo, il a tout récemment (juillet 2007) gagné le prix Eyeda pour sa série Street…
Le site de Poursuite Editions et le site Internet de Franck Juery
Travaux photographiques de Michael Wesely
Jun 15th
Le mangeur de temps pourrait t-on le surnommer.
En effet, il travaille sur les longues expositions, quand je dis de longues expositions, c’est réellement de très longues expositions (de quelques mois à quelques années…).
Pour Open Shutter le travail par lequel je l’ai découvert chez mon padre, il a pris comme objet de mesure le musée d’art moderne de New York, le temps de pose est de l’ordre de presque 2 ans (9.8.2001 – 2.5.2003). Oui vous avez bien lu, presque 2 années entières ce qui lui permet de capter littérallement le temps qui passe et de rendre à notre vue des fragments de ce temps capturé, de cette lumière happé dans ces boîtes magiques dont le secret nous échappe. La capture de la lumière et du temps qui passe permet de rendre compte en transparence des infimes variations du temps, du temps vécu mais du temps immobile également. La vie qui passe se concentre alors sur les bâtiments, construction inamovible au fil des mois, des années qui deviennent une réalité tangible in fine. Les hommes, dans ces constructions de temps disparaissent quasi littérallement ce qui permet de se poser la question de l’existence humaine à l’échelle du temps. En effet, dans la mesure où ces caméras photographique capte les mêmes instants de manière continue ce qui reste ancré dans la pellicule c’est ce qui est stable, redondant, cyclique. Ainsi on pourra voir un flot continu de lumière, évocation d’une route et de son flux de voitures mais l’humain qui prend des directions aléatoires, divergentes ne fait presque plus parti de ce monde. Étonnant parcours en tout cas qui mérite que l’on s’y arrête un temps que l’on lise Open Shutter pour connaître un peu plus de Michael Wesely.
Pour information et ceux qui auront la chance d’y aller, Michael Wesely est exposé jusqu’au 8 juillet 2007 au Gemeentemuseum à la Haye au Pays Bas. Dans cette exposition d’après ce que l’on peut voir sur le site du Musée, il s’agit de mesurer toujours le temps qui passe mais ici celui de la vie végétale. Le temps de pose est calé sur la vie même des fleurs, suivant les variétés celles-ci s’étiole, s’affaisse, s’effrite, et cet entrecroisement permet de voir des morceaux de temps se juxtaposer les uns aux autres et voir défiler la vie en quelque sorte…
Pour en connaître plus sur Michael Wesely et ses différents travaux, retrouvez le sur son site Internet qui n’est par contre pas franchement optimisé, il vaut mieux lire ses écrits ou voir ces expositions me semble t-il…. A vous de jouer…


