A la découverte des expositions photographiques à Paris
Fondation HCB
Robert Doisneau, Du métier à l’œuvre à la fondation Henri cartier Bresson
Jan 26th
Nouvelle exposition du grand maître de la photographie à la fondation Henri Cartier Bresson. Elle permet de voir des photographies inédites de Robert Doisneau, des photographies qui sortent du cadre habituel des expositions qui lui ont été consacrées : “une centaine d’épreuves originales, choisies en majorité parmi les trésors de son atelier et dans diverses collections publiques ou privées” qui s’étalent de 1933 à 1966.
Un parcours dans le Paris d’alors nous est servis qui permet de croiser de voir ce qu’était la ville à l’époque. Finalement pas tant de différences que ça par rapport à aujourd’hui, tout proportion gardée bien entendu.
On retrouve les amis en terrasse, se délassant autour d’un verre rafraîchissant, les jeunes parents et leurs poussettes de compétition se retrouvent pour un repas en extérieur. Les laissés pour compte vivent dans des cabanes, les clochards sont toujours sur le trottoir et les bouches de chaleurs, la ville a évolué, certes, elle s’est peuplée d’âmes mais finalement pas tant que ça. Le cirque n’est plus dans le centre mais en périphérie, les voitures plus nombreuses et colorées ; la neige restera toujours immaculé recouvrant Paris de son manteau soyeux.
Un parcours qui vous permet de vous replonger un temps dans l’avant maintenant, l’instant qu’il soit anodin ou pas a été figé dans le temps et l’espace par Robert Doisneau. Cela peut paraître hétéroclite et désordonné, cela l’est un peu mais c’est normal, quand le photographe se ballade dans la ville ouverte, son regard capte les émotions, les détails et les figent.
Un parcours que je vous conseille de faire plutôt en semaine car quand nous y sommes allés un dimanche, la queue était trop longue, nous avons renoncé, c’est vrai que c’était le we de démarrage avec un article dans le Monde et que le lieu n’est pas gigantesque. Donc, en semaine, vous aurez une meilleure vision d’ensemble et vous pourrez vous arrêtez sur quelques détails significatifs à vos yeux
L’exposition a commencé il y a peu et reste en place jusqu’au 18 avril prochain, avis aux amateurs…
Une petite biographie lui est consacrée sur le dite de la Fondation Henri Cartier Bresson
Jo’burg et Avenue Lumumba de Guy Tillim à la fondation Henri Cartier Bresson
Feb 11th
Photographier l’Amérique (1929-1947) : Walker Evans et Henri Cartier-Bresson à la Fondation Henri Cartier-Bresson
Oct 8th
Girl in Fulton Street, New York, 1929 © Walker Evans / The Metropolitan Museum of Art
Petite exposition de deux géants de la photographie, une vision croisée de la même ville a deux époques un peu différente mais finalement assez proches, deux hommes de la rue qui ne se prennent pas au sérieux et qui nous révèlent la vision qu’ils ont de leur Amérique, de ceNew York d’alors, bien différent de celui que nous connaissons évidemment. Il faut se promener avec eux dans ces quartiers pauvres pour entrevoir la misère, les visages marqués, les rues désertes ou en déshérence. Et puis prendre un peu de recul et voir la ville autrement, de loin en loin, s’extasier devant ces photographies d’un autre temps, d’une autre manière de voir les choses, de vivre à son rythme.
Il n’y a pas que New York non plus et vous pourrez voir quelques coins du sud des Etats-Unis, certaines vous feront penser sans nul doute aux photographies sociales réalisées pour la FSA ((Farm Security Administration) et notamment de Dorothea Lange. d’autres aux vieux films de Blues de Martin Scorcese aussi, un parcours fait également de visage, de situations étonnantes, amusantes, qui n’existent tout simplement plus ou presque, enfin voilàallez-y, c’est ça le plus important, se faire une idée par soi-même
License Photo Studio, New York, 1934 © Walker Evans / The Metropolitan Museum of Art
Et là, on dirait le far west où pas loin en tout cas
Arizona, 1947 © Henri Cartier-Bresson / Magnum
Je l’aime beaucoup celle-ci de Saratoga…
C’est en place jusqu’au 21 décembre prochain mais préférez une visite la plus matinale qui soit car sinon le monde est accablant et ne permet pas de faire la visite dans les meilleures conditions, le monde , le monde….
Et plus de photographie de Walker Evans sur le site du Moma et une très belle critique et autres liens à découvrir sur Lunettes rouges
Fondation Henri Cartier-Bresson
2, Impasse Lebouis – 75014 Paris
Tel : 01 56 80 27 00
Helen Levitt à la Fondation Henri Cartier-Bresson
Oct 1st
Une très belle exposition que celle présentée par La Fondation Henri Cartier-Bresson, une grande dame (94 ans) de la photographie qui est toujours vaillante dans cette belle ville de New York qui l’a vu naître et dans laquelle elle aime promener son regard et nous faire partager sa vision de la vie, des évènements.
Une exposition en deux temps, l’un centrée sur les années 30/40, le noir et blanc est omniprésent, elle balaye de son œil vif et précis l’ensemble de la ville dans sa profondeur et son intimité, les enfants sont là qui court de tous côtés, jouent aux bandits qu’ils deviendront peut être, montent aux arbre se déguisent avec des masques de fortune, c’est l’instantanée du moment qui prime, des graffitis qui déjà font partout partie du paysage urbain, c’est vrai on est à New York quand même, la ville infatigable . Elle se promène au gré de ses errances et prend sur le vif ce qu’elle aime, la belle vision
La deuxième série nous emmènes vers la couleur, c’est dans les années 70, soit près de 40 ans après. La belle dame, la belle Helen Levitt a toujours gardé son regard, il a évolué vers d’autres horizons, j’aime également beaucoup cette série qu’il nous est proposée de voir. C’est un autre univers toujours urbain qui s’offre à nous. Il est toujours question des enfants, de la ville avec cette énergie et cette vitalité si présente dans ses photographies, une poésie de l’urbain qui est là, omniprésente étalant avec toute la simplicité du monde la vie de la société américaine, ses mélanges et ce melting-pot si caractéristique de l’Amérique.
Amie de Walker Evans et d’Henri Cartier-Bresson, elle est un peu inclassable mais avec un regard bien à elle…
Les photographies de l’exposition sont pour la plupart issues du fond de la galerie Laurence Miller et je ne saurai trop vous conseiller que d’aller vous perdre par là-bas ; évidemment, c’est plus agréable encore si vous êtes sur place mais bon on ne peut pas encore se dématérialiser et réapparaître instantanément
Plus de photographies sur le site de la galerie Laurence Miller
L’ami Lunettes rouges y est également passé faire un tour…
Avis aux amateurs de beaux moments, allez y faire un tour vous serez content de votre petit périple
Fondation Henri Cartier-Bresson
2, Impasse Lebouis – 75014 Paris
Tel : 01 56 80 27 00
“Moksha” et “Ladli” de Fazal Sheikh à la Fondation Henri Cartier Bresson
May 21st
Fazal Sheikh est le dernier lauréat du prix Henri Cartier Bresson
Photographe-écrivain, dans cette exposition mêlant photographie et écriture Fazal Sheikh permet au visiteur de s’imprégner pleinement de la vie de ces femmes indiennes.
Loin du cliché des 1OO1 nuits, Fazal Sheik, nous invite à prendre conscience qu’au-delà des regards lumineux, du charme oriental réside une vraie misère humaine. L’inde et ses archaïsmes est le sujet majeur de cette exposition. La femme aux prises avec ces traditions est le personnage principal de ce parcours photographique. Il interpelle à plus d’un titre…
L’inde et son développement économique fulgurant, l’Inde et ses palais …et aussi l’Inde et ses fillettes tuées avant ou après leur naissance, l’Inde et ses épouses battues, brûlées et humiliées : l’Inde est un ensemble complexe et sans doute encore méconnu des occidentaux.
Cette exposition chuchote à l’oreille du visiteur les peines et les horreurs vécues par les femmes et les enfants qui se racontent. Le nombre de photos n’est pas sur abondant et c’est tant mieux. La scénographie est minimaliste et c’est tant mieux … L’important est ailleurs.
Il y a un attachement qui se crée avec ces destins tourmentés, l’envie de prendre le temps de lire ce qu’elles ont accepté de confier à Faizal Sheikh.
Cela donne envie d’aller plus loin pour mieux connaître ce pays et des traditions ancestrales pouvant amener à de telles “dérives” … Naître femme en Inde est le début d’une aventure tumultueuse et fort dangereuse. On pourrait faire l’analogie avec le documentaire, le “Cauchemar de Darwin” qui nous avait emmené bien au-delà des clichés accolés de façon récurrente à la Tanzanie et… à ses safaris.
Retrouvez quelques explications sur cette exposition sur le site de la Fondation Henri Cartier Bresson ainsi que le dossier de presse au format PDF
L’exposition se terminera le 26 août prochain
Fondation Henri Cartier Bresson
2, impasse Lebouis – 75014 Paris
Tel : 01 56 80 27 00
Bruce Davidson à la fondation Henri cartier-Bresson
Jan 27th
C’est agréable la découverte et le talent, se promener au hasard des rues et se retrouver dans l’impasse, rentrer, montez un premier étage et voir, se souvenir que ce n’est qu’en 1965 par le Voting Rights Act du 6 août 1965 que les noirs ont eu le droit de vote aux États-Unis sous le président Johnson. 1965…. à peine plus de 40 ans…. à l’échelle de l’homme c’est quand même assez ridicule alors cela mérite de revenir un peu sur cet épisode qui a commencé en 1876 avec les loisJim Crow : ” Soon after the failure of Reconstruction, southern states found other means besides those enumerated in the Fifteenth Amendment to deny the vote to blacks, through violence, intimidation, via Jim Crow laws that included literacy tests, poll taxes, and also grandfather clauses that permitted otherwise disqualified voters whose grandfathers voted (thus allowing some white illiterates to vote), all with the aim and effect of re-imposing racially motivated restrictions on the voting process that prevented blacks from having political and economic power“.
Le début du retournement se situe en 1955 avec l’affaire Rosa Parks qui “refusa de céder sa place à un passager blanc dans un bus. Arrêtée par la police, elle se vit infliger une amende de 10 dollars (plus 4 dollars de frais de justice) le 5 décembre; elle fit appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu de 26 ans, Martin Luther King, avec le concours de Ralph Abernathy, lança alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. Le 13 novembre 1956, la Cour suprême cassa les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant anticonstitutionnelles”.
Suivra le discours de Martin Luther King du 28 août 1963 “I have a dream” : ”
“I say to you today, my friends, so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.
I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: “We hold these truths to be self-evident: that all men are created equal.”
I have a dream that one day on the red hills of Georgia the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at a table of brotherhood.
I have a dream that one day even the state of Mississippi, a desert state, sweltering with the heat of injustice and oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.
I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character. I have a dream today !!
I have a dream that one day, right here in Alabama, little black boys and black girls, will be able to join hands with little white boys and white girls, as sisters and brothers. This is our hope. This is the faith that I go back to the South with“.
A cet égard, on écoutera toujours avec un grand plaisir le titre MLK de l’album The Unforgettable Fire de U2, moment particulièrement beau et sensible…
Aussi pour revenir à ce cher Bruce Davidson, la photographie que je préfère dans l’exposition “Time of change” est celle ci, prise en 1962, aboutissement en quelque sorte de cette lutte pour l’égalité des droits. Simple et si pleine et chargée de sens que cette égalité de situation entre deux personnes de chair et de sang…
Ensuite c’est vrai que les autres photographies montrent ou mettent en exergue ce sentiment d’exclusion et de ségrégation de communauté et d’une vie qui se construit; entre 1961 et 1965, parcours d’un homme qui a accompagné ce mouvement de lutte pour l’égalité des droits civiques aux États-Unis,
Retrouvez Time of change en ligne, cela vous permettra d’y aller autrement si vous n’êtes pas à Paris
Ensuite on part pour la 100ème rue, le Harlem espagnol de New York entre 1966 et 1968, quartier ou la pauvreté est suintante de tous côtés; sur les murs défraîchis, sur les lits défaits et dans les regards et la lumière, les escaliers de fer et les enfants. l’utilisation du Noir et blanc renforçant d’autant ce sentiment depauvreté et de laissez pour compte mais on voit également transparaître dans ces visages le calme et si pas une vie heureuse, un scintillement dans le regard, dans les attitudes…
Étonnamment, on a pas le sentiment de tristesse qui transparaît, c’est plutôt même le contraire qui se faufile dans les photographies dont une des plus emblématiques est celle de cette enfant à al borne d’eau dans un décor sordide, la vie est là et le sourire et les petits riens permettent de voir la vie différemment… Une autre époque pas si lointaine finalement et qui c’est certain existe encore autrement ailleurs ou dans d’autres quartiers…plus proche de nous où le ressentiment est là et que nous ne voulons pas toujours comprendre, appréhender… Allez faire un tour là-bas cela vaut franchement le détour, cela fais partie de cette mémoire collective que nous construisons, de ces luttes pour les droits et pour une vie meilleure pour tout un chacun qui doit être au coeur des politiques…
Retrouvez 100ème rue en ligne également…
Lisez l’entretien réalisé avec Bruce Davidson par Hélène Simon du journal le Monde le 17 janvier dernier, bonne lecture….
Lunettes Rouges y était également, pour le vernissage sans doute… et surtout pour le plaisir des yeux, de la découverte et du partage des sensations…
Fondation Henri Cartier-Bresson
2, Impasse Lebouis – 75014 Paris
Tél : 01 56 80 27 00
Joan Colom à la fondation Henri-Cartier Bresson
May 8th
Qu’est-ce qu’il nous est donné à voir ici, eh bien au delà des prostituées, des raegards échangés entre ces hommes et ces femmes d’âges mûrs qui sont là, monnayant leurs charmes avec des hommes en attente d’un peu d’affection, de réconfort ou tout bonnement de plaisir, c’est la vie des gens du Raval dans tous ces états qui nous est contée avec dignitée, tout le monde est représenté, dans ce petit quartier du Barrio Chino "le quartier chinois", la ménagère, la mère, le clochard humble et fumant, l’homme alcoolique pleurant la vie qui passe et la douleur, le rigoleur avec ses joues gonflées à l’hélium, cette fillette au visage cachée par des lambeaux de papier ou de tissus qui avance allègrement et puis surtout, enfin entre autres de magnifiques photographies d’enfants, de cette innoncence qui seule peut être captée fugitivement et sur les gosses qu’il soit d’ici ou d’ailleurs, cette beauté immanente et irradiante qui en ressort, un de ces moments où vous restez bête tout simplement car au delà, des apparences, c’est la nostalgie, la beauté et l’ivresse du regard qui se présente à vous. Allez y c’est étonnant ces photos, à la fois proche de la vie de tous les jours et éloignées, un melting-pot de découvertes où les regards concupiscents en disent long parfois sur les pensées, sur ces fesses rebondis et ces seins qui s’ouvrent sur la rue; lorsque une main surgit devant l’appareil attaché au bras de Joan Colom, devenu une extension naturelle de soi, il se détend et capte les mouvements de l’air ambiant (il indiquait, "Je faisais semblant de bâiller et clac, je déclenchais. Je ne changeais jamais ni l’objectif, ni l’ouverture, ni la vitesse. Mais, avec l’habitude, je savais exactement où me mettre et comment viser. J’avais l’oeil au bout du doigt") dans un quartier qu’il découvre et qui ne ressemble pas franchement à l’enfer imaginé par la bourgeoisie de l’époque comme le raconte Marta Gili dans son essai Barrio Vencido, Barrio Ganado (Quartier vaincu, quartier gagné): "le Barrio Chino de la Barcelone franquiste évoquait nombre des stéréotypes de l’imaginaire catholique et petit-bourgeois, rattachés à l’enfer : lieu sordide, sombre, malodorant, principalement occupé par des souteneurs, des voleurs et des prostituées"; on est vers la fin des années 50, c’est là que commence le travail de Colom; c’est là qu’il s’arrêtera aussi après le scandale qui suivra la parution de son livre Izas, rabizas y colipoterras "Grues, escaladeuses, escamoteuses" dont d’ailleurs il n’aime pas parler car il aurait été fait en partie sans son accord… Lui dont le seul but "Mon seul but, c’était de les mettre dans mon tiroir, explique-t-il. J’étais mon propre collectionneur" ne reprendra la photographie qu’à sa retraite…
A découvrir avec envie et passion jusqu’au 30 juillet 2006…
Un bel article de Lunettes Rouges
Le site de la Fondation Henri Cartier-Bresson et le dossier de presse au format PDF
Tags: Joan Colom, photographie, photographe, espagne, franquisme, barrio chino, raval, fonadtion Henri cartier-Bresson
Le silence intérieur d’une victime consentatnte à la Fondation Henri cartier Bresson
Feb 22nd
C’est la première exposition consacrée aux collections de la Fondation qui commence ici, HCB sera petit à petit mis à nu pour notre plus grand intérêt. Ces photos s’étalent de 1931 à 1999 et cherche à découvrir comme le disait HCB pour les portraits : « Je cherche surtout un silence intérieur. Je cherche à traduire la personnalité et non une expression ». Loin de connaître tous les personnages éminents et inconnus qui se baladent et nous regardent nonchalamment dans cette exposition, on est frappé par l’intensité de la photographie prise, de ce moment qui saisi sur le vif, dans un éclair exprimant ce que sont au plus profond ces personnes.
J’ai sélectionné quelques unes de ces portraits si représentatifs pour moi de cet état que les personnes soient connus ou pas d’ailleurs… Il s’agit entre autres de Cordoue en 1933 ; le portrait de Sartre en 1946 ; celui de Jeanne Lanvin en 1945, Pierre Colle en 1932 ; Avenue du Maine en 1932 encore. Puis, il y a Ezra Pound en 1971, Samuel Beckett en 1970, Marcel Duchamp de 1968 qui était également présent dans l’expo Christer Strömholm à l’Hôtel de Sully. Je ne pouvais pas non plus rester insensible à Simone de Beauvoir dont je vous conseille d’ailleurs si vous n’avez pas encore eu l’occasion de le lire Mémoire d’une jeune fille rangée, extraordinaire. La photo de Truman capote de 1947 est elle aussi bien intéressante et j’irai voir d’ici peu le film qui devrait sortir le 8 mars prochain. Egalement, celle de breton en 1961 près de son bureau est très belle, ainsi que celle de Coco Chanel de 1964 si caractéristique, vous comprendrez pourquoi en la voyant et puis une de Cracovie en 1933 ainsi qu’une belle inconnue de Los Angeles.
L’art du portrait est bien difficile et arriver à saisir ce qui compose l’ossature même d’une personne, ces traits les plus profonds est un subtil équilibre à trouver entre vous et la personne qui est là. Le saisissement sur le vif avant qu’ils comprennent comme cela a été le cas avec Irène et Frédéric Joliot-Curie ; après qu’un long silence se soit établi entre eux ; qu’une complicité faite d’amitié, de quotidienneté, …. HCB est arrivé à sentir ces moments et à les capturer pour nous les faire parvenir, nous restituer une réalité physique transposée sur papier. Ils sont plus que des portraits car c’est un peu de l’âme vraie de ces personnes qui se retrouve inscrite dans les archives de la fondation et de la mémoire collective. Appropriez-vous ces images de vies vécues et faites les vôtres….
Une petite phrase de Barthes inscrite sur les murs et que j’aime bien : « Devant l’objectif, je suis à la fois celui que je me crois, celui que je voudrais qu’on me croie, celui que le photographe me croit et celui dont il se sert pour exhiber son art » (tiré de la chambre clair)
Et puis, en quelque sorte, une belle synthèse pourrait être celle tirée de je ne sais plus où dans l’expo : « la visibilité de ces portraits se donne à voir, chaque fois, dans le regard qu’il leur a donné ».
Un bel article de Lunettes Rouges qui est un « amateur lent », comme il le précise, mais très intéressant…. avec quelques explications des situations dans lesquelles HCB s’est trouvé pour prendre ses photos, bel éclairage complémentaire sur des portraits parfois croisés.
Pour en savoir plus, rendez vous sur le site de la fondation cartier : www.henricartierbresson.org