Voilà une très belle exposition que je vous invite vivement à aller voir pour que vous soyez à la fois conquis par le travail de ChristianMc Manus sur base de Polaroïd (il faut espérer que le projet de remise en circuit des Polaroïd voient le jour), cela frappe directement quand l’on arrive de loin. De près, au final, il s’agit plus de peintures que de photographies, cette impression de réel qui submerge l’oeuvreet s ‘affranchit des distances. On est dans un autre monde qu’il est heureux de partager avec nous, on est là-bas, lorsqu’il a pris ces photographies àNew York en 1997.
Le rendu est assez sublime je dois dire et je ne manquerai pas d’y retourner pour encore et encore me plonger dans ces vies et ces situations qui s’offrent. Un moment de pur délice que je vous invite à découvrir au plus tôt, c’est juste en face du Mont de piété, lieu si célèbre en son temps…
Sur le site de Christian Mc Manus, on peut lire : “J’ai observé les rues animées, la vie grouillante de New-York, Santiago, Paris, Valparaiso et Bombai. Des énergies différentes se sont dégagées. Pourtant, mes photos ont fini par me révéler un fond humain commun. J’ai vu que chaque homme, quel que soit son lieu de résidence, est confronté au choix. Un choix à peine perceptible, flou même, un choix à l’état brut, entre la conscience et l’inconscience. À chaque seconde, à chaque fois qu’il fait quelque chose, même lorsqu’il dort. Comme un miroir d’eau, mes photos reflètent cette expression toujours mouvante de la réalité humaine.
Cette technique du Polaroid me permet de rendre cet indéterminé, cette dimension floue qui nous enveloppera toujours.
Dans chaque série, j’invite le spectateur à s’immerger dans le quotidien d’une ville si particulière, qui vit à son propre rythme. Un regard très personnel, intime, une quête permanente de la lumière et le désir de vouloir la fixer. Cependant, il ne s’agit pas de la lumière qui sensibilise l’émulsion photographique, mais plutôt celle à laquelle fait référence l’auteur français ChristianBobin dans son livre « La lumière du monde » où j’ai trouvé une phrase qui reflète bien ma propre vision en tant que photographe “.
« Je voudrais bien connaître le malin qui me dira ce qui est plus beau que le quotidien. Je n’ai pas besoin de paysages grandioses pour louer la grandeur de Dieu, parce que je crois qu’elle est dans les choses humbles. Je me promène assez peu, mais à chaque fois, je suis conquis, charmé, par une vision lapidaire. Je trouve toujours une mauvaise herbe qui est parvenue à disjoindre les pavés et qui m’émerveille et nourrit ma pensée. »
D’autres visuels et séries sur le site de Christian Mc Manus….
Galerie Jamault
19 rue des blancs manteaux – 75004 Paris
Tel : 01 42 74 13 85