Petit coup d’oeil du week end si cela vous dit : Paris capitale de la photographie chez Hazan, un livre de photographie sur la ville éternelle, celle qui a vu les débuts de la photographies et qui lui rend hommage comme elle peut. Découpé en 6 périodes.
Les pionniers, les incunables de 1839-1850 parmi lesquels on retrouve des figures emblématiques telles qu’Hippolyte Bayard, Louis-Jacques Mandé Daguerre, Henri le Secq, Charles Nègre, William Henry Fox Talbot et quelques autres….
C’est le début de la photographie et de grands hommes sont là pour capturer ces quelques vues de la ville, on retrouve par exemple des vues de Montmartre et de ses moulins prises par Bayard en 1842, tout à fait étonnant en tout cas. La seine et paris, le Louvre et la conciergerie, les barricades de 1848 ou encore des ouvriers au repos par Charles Nègre, le stryge
de 1851 à 1870, c’est le début de l’industrie avec le négatif au collodion sur verre, les tirages sur papier albuminé.
On commence notre voyage avec les tirages de Gustave le Gray qui immortalise la seine avec le Pont des Arts, le Pont-Royal dans cette sépulturale netteté et fixation du temps si caractéristique; Baldus nous montre la tour saint Jacques dans sa nudité la plus totale mais aussi le Panthéon, la Patrie reconnaissante; apercevez également le marché des Halles détruit en 1971 et immortalisé par Jean-Claude Gautrand avec l’église saint eustache tout en respiration.
On entre aperçoit l’étendue de Paris avec les frères Bisson à travers une vision perchée depuis Notre Dame. Charles Marville nous montre quand à lui les rues désertes de paris, des rues qui pour certaines ont disparu ou ne sont évidemment plus reconnaissables… La photographie de la place Saint-André des Arts est également sublime avec ses publicités d’un autre âge, la Place de la Bourse n’a que peu changé si l’on ose dire, la classe reste sa caractéristique principale, les petites ruelles en apprenne sur la ville et sa métamorphose. Avec Adolphe Braun , on se retrouve sur l’île de la cité, des gens qui regardent par dessus le parapet, comme aujourd’hui, une histoire qui se répète dans ses gestes quotidiens, la rue de Rivoli n’a guère changée depuis 1855 et les égouts de Nadar rappellent étrangement les bouches du Métro. Par contre les catacombes ne sont plus ou seulement quelques entrées cachées. C’est Disdéri qui nous montre les cadavres d’insurgés de la Commune, on est en 1871, il est temps de changer d’époque…
De 1871 à 1918, on est en route vers l’art moderne c’est la poésie de Notre -Dame qui ressurgit en 1908 avec Alvin Langdon Coburn mais c’est aussi et notamment le remarquable travail mené par Alfred Stieglitz; on peut lire ces quelques mots de Paul Strand : “ceux qui considéraient la photographie comme un médium d’expression cherchaient pour la plupart à transformer l’appareil en pinceau, en crayon, en je ne sais quoi, en tout sauf ce qu’il est c’est à dire une machine“.
On entre aperçoit également une gare parisienne avec Otto et puis c’est la valse des immortalisations que va effectuer un peu partout dans Paris et aux alentours Eugène Atget, il va immortaliser le Paris d’antan pour notre plus grand bonheur, il ne tient qu’à voir la photographie Marchande de Cresson , a venue des gobelins pour comprendre ce que l’on manquerait; il fera les ruelles, les café célèbre et moins célèbre, des nus, la photographie intitulé Bitumiers évoquent un peu caillebotte et la maison du Bon-marché les quelques mannequins d’alors.
De 1919 à 1939 il s’agit du Paris des étrangers avec pour immortaliser les plus grand noms de la photo, pour la plupart connus de vous, de nous, du monde, ils ont rayonné jusqu’à nous, le matériel évolue, le cadrage et la manière de voir également. On retrouve aux prises avec Paris des personnages mythiques maintenant tel qu’André Kertesz et son Au jardin des Tuileries, Place de la Concorde, Rue Vavin, Rue du Château qui évoque un peu des passages de l’étrangleur de Jacques Tardi.
Il y a également les infractions, les surimpressions de Moshé Raviv-Vorobeichic, Tabard et ses négatif/positif, Germaine Krull et son sens de l’organisation, de l’urbanisation avec évidemment des géants comme Henri Cartier-Bresson, les natures mortes; les affiches déchirés de Wols; l’incontournable Man ray et son Château Tremblant, non évocateur au combien, la superbe 29, rue d’Astord de Dora Maar et bien entendu, on ne pouvait pas l’oublier Brassaï avec par exemple cette superbe photographie intitulé le lévrier afghan Kazbeck De Picasso dans l’atelier de la rue des Grands-augustins. Vous l’aurez compris, cette période est riche en rebondissement et regorge de ses talents que l’on ne voudraient plus quitter…
de 1940 à 1970 c’est la ville comme elle va. C’est la fin de la guerre, outre atlantique, c’est Eugene Smith et chez nous cela commence avec quelques photographies de Robert Frankdes années d’après guerre (1950).
Il est actuellement au jeu de Paume avec les Américains publié en 1958 dont on retrouve d’ailleurs quelques oeuvres. Willy Ronis immortalise les pavés et les situations tel ce vitrier de Ménilmontant, photographie prise en 1948 ou encore Robert Doisneau avec Canal Saint-denis en 1969, la glace s’effrite sous le poids des péniches et quelques photos d’izis, le métro aérien pointe déjà son nez boulevard Rochechouart, on est en 1947…
La publicité aux bouches de Métro par Robert Doisneau ou Marguerite Duras en terrasse… toujours Henri Cartier-Bresson qui continue son périple de Paris, arpentant le bitume et bien d’autres… comme William Klein et sa sublime Dorothy McGowan ou al superbe photographie de la Rue saint Jacques en mai 1968 de Gilles Caron
Pour terminer, de 1971 à 1998 les métamorphoses de la vision avec un paris plus urbain, plus déconstructuré tel cette photographie de Marc Petitjean Rue Beaubourg où celle de Thomas Struth intitulée Beaugrenelle 1979 mais pour tout vous dire, je ne suis pas super fan de cette dernière partie qui me semble un peu manquée et bâclée, trop rapide et succincte… on ne peut pas tout réussir de A à Z…
Il n’en demeure, voilà, vous l’aurez compris, que ce livre Paris capitale de la photographie chez Hazan est un petit bijou qui vous permettra de (re)visiter la capitale éternelle qui reste magnifique et quelque peu magique…
Dans cet esprit, partez à la découverte de Paris, capitale photographique 1920-1940 qui est en ce moment au Jeu de paume, à l’hotel de Sully